| Liens |
|
Pour consulter la liste des sites que nous avons
sélectionnés pour vous, ouvrez la page des liens.
en
savoir plus...
|
|
Il est
encore fréquent d'attribuer à Johannes Gensfleisch, dit "Gutenberg",
l'invention de l'imprimerie, vers le milieu du XVe siècle. Cet avis,
profondément ancré dans les esprits, n'est guère partagé en Asie
où les premiers textes reproduits par xylographie (impression de
feuillets entiers à l'aide de planches gravées) l'ont été plus de
six siècles auparavant et où les premières impressions typographiques
sont antérieures de plus de quatre siècles. Le plus ancien xylographe
daté que l'on ait découvert en Chine n'est pas antérieur à 868 :
c'est le fameux Sutra du Diamant, trouvé en 1907 par Aurel Stein
dans les grottes de Mogao près de Dunhuang, aux confins de l'Asie
centrale et qui est conservé à Londres (British Library). La xylographie
était connue au IXe siècle non seulement en Chine mais aussi en
Corée et au Japon. Dans ce dernier pays, un million de courts textes
bouddhiques en chinois furent imprimés sur l'ordre de l'impératrice
Koken entre 764 et 770, et enfermés dans autant de petits stupa,
dont plusieurs centaines subsistent. Lorsque la xylographie naît
en Chine, et contrairement à ce qui s'est passé en Occident, le
papier est connu depuis longtemps. C'est en effet l'eunuque Cai
Lun au début du IIe siècle qui est considéré comme l'inventeur du
papier et qui a fait de celui-ci un support apte à recevoir l'écriture.
L'encre utilisée, aussi bien pour l'écriture que pour la xylographie,
était composée de suie de pin mêlée à de la colle de poisson, de
corne de cerf ou de peau. Les textes reproduits par xylographie
non seulement requièrent papier et encre mais font également appel
à un technique de gravure inversée. La pratique de la gravure servait
à la reproduction d'images et d'écrits depuis l'antiquité, en cela
la xylographie hérite des impressions de sceaux à l'aide de cachets
en bois. Toutefois, un étape supplémentaire devait être franchie
pour aboutir à la xylographie telle que nous la connaissons, qui
suppose le retournement de la planche : alors que le cachet était
apposé sur le papier, dans l'impression xylographique, c'est le
papier qui est appliqué sur la planche et pressé à l'aide d'un frotton.
Enfin, dès le XIIe siècle les chinois ont été les premiers à utiliser
les caractères mobiles, technique, qui leur a permis de conserver
toute une culture. C'est l'inventeur chinois Pi Ching qui aurait
été le premier à employer des caractères mobiles en terre cuite
(1041). Les caractères métalliques auraient vu le jour en Corée
vers 1234 et le recueil de textes bouddhiques, le Jik ji sim kyong
(1377) serait le plus ancien livre imprimé à partir de caractères
mobiles en métal. |